Thierry Goor : Le Loup de Bruxelles [PODCAST]

#24 - Thierry Goor - The Wolf of Brussels

[PODCAST] On a rencontré “The Wolf of Brussels”: découvrez Thierry Goor, fondateur du WOLF premier Food Market bruxellois

Récemment devenu le chef de meute du premier Food Market bruxellois. Un véritable temple du food avec en plein cœur de la capitale 17 restaurants, 755 places assises, un bar, une micro-brasserie, un marché bio, une chocolaterie…

Mais avant de se lancer de ce projet fou et en plus de 35 ans de carrière, Thierry Goor a connu une flopée d’expériences toutes plus folles les unes que les autres : e-commerce, boîte de publicité cotée en bourse, compétitions sportives internationales jusqu’au Paris Dakar.

D’habitude il est plutôt discret sur son parcours, aujourd’hui il a décidé en toute transparence, de revenir sur toutes les étapes de sa carrière, jusqu’au lancement du Wolf en décembre dernier.

Hosts : Elisa Brevet et Tarik Hennen

Ecoutez l’épisode 24 du Podcast Next Step avec Thierry Goor, fondateur de The Wolf of Brussels

Thierry Goor : Le Loup de Bruxelles [PODCAST] 1
Thierry Goor

Elise Brevet : Bienvenue à tous! Vous écoutez Next Step, le podcast des entrepreneurs inspirants qui vous aident à passer à l’étape suivante. À chaque épisode, on vous propose de partir à la rencontre de personnes passionnées, d’écouter leurs parcours et de vous en inspirer. Pour vous accompagner et vous guider dans cette aventure, nous serons deux. Je m’appelle Elisa et je suis avec Tarik.

Tarik Hennen : Bonjour Elisa, bonjour tout le monde.

Elise : Comme vous le savez, nous sommes dans les studios de la Chambre de commerce de Bruxelles qui représente les intérêts des entreprises bruxelloises. BECI aide et accompagne ses membres dans le développement de leurs activités. Et bien sûr, on remercie Beci de rendre ce podcast possible.

Elise : Pour cet épisode, nous sommes ravis d’accueillir Thierry Goor. Bonjour Thierry.

Thierry Goor : Bonjour.

Elise : Bienvenue dans Next Step. On est ravi de t’accueillir. Si tu es là aujourd’hui, c’est bien sûr pour nous parler de ta carrière entrepreneuriale et de ton dernier projet dont tout le monde parle à Bruxelles, le Wolf. Le premier food market bruxellois, un véritable temple du food en plein coeur de la capitale. 17 restaurants, 755 places assises, un bar, une microbrasserie, un marché bio et une chocolaterie.

Elise : Bref, c’est quelque chose d’assez énorme. Mais avant d’en parler, revenons à ton parcours. Il est assez riche. C’est même difficile de te mettre dans une case puisque tu as aussi une boîte de publicité cotée en Bourse. Mais revenons en au début, tu as commencé en lançant une série de médias papier dédié principalement au sport. Et tout cela en même temps que tes études en administration des affaires. Alors, est ce que tu as toujours su, depuis tout petit, que tu allais devenir entrepreneur?

Thierry : Alors je suis fort impressionné parce que tu connais à peu près mon parcours mieux que moi, ce qui est quand même assez exceptionnel.

Elise : (Rires).

Thierry : Non effectivement, j’ai fait pas mal de choses. J’ai toujours bougé. J’ai toujours voulu entreprendre depuis tout petit et j’ai, sur injonction de mes parents, suivi des études effectivement en administration des affaires puisque j’étais destiné à entrer dans le groupe Empain. Là, je me suis dit mais qu’est ce que je vais faire dans un groupe pareil? C’est juste pas possible. En fait, pendant mes études, comme j’adorais skier et que je voulais trouver des combines pour aller skier, souvent, beaucoup, pas cher, je me suis dit je vais créer un guide des sports d’hiver. Et du coup, j’ai créé ce guide qui m’a permis d’être invité dans toutes les stations, de recevoir tout le matos. Je partage assez régulièrement. Comme je faisais ce guide en été pour préparer pour le sortir en avril, je me suis dit tiens, ce serait sympa de faire un guide du tennis!

Thierry : Et de fil en aiguille, j’en suis arrivé à un guide du windsurf, un guide du golf, un guide tout terrain, etc.

Elise : Et là, tu avais quel âge?

Thierry : Et là, je devais avoir 20 ans. Voilà, j’ai fait. avant ça, Il faut savoir que j’ai travaillé dans une agence immobilière. alors là aussi, un souvenir exceptionnel. Je m’en souviendrais toute ma vie. Il m’explique comment ça se passe pour signer un compromis de vente en disant Voilà, il faut demander dix pourcent autant de la somme, etc.

Thierry : Il m’envoie dans un truc qui me dit Ecoute, tu vas te faire la main dans un vieux café, 7, rue de Rome. Je me rappellerai toujours. A Saint-Gilles, un truc qu’on a un portefeuille depuis plusieurs mois chez un vendeur. J’arrive. Je dis pas que c’est moi. C’est le hasard mais c’est quand même amusant. Et je me retrouve devant trois personnes qui me disent. Voilà, on va acheter. Et là, je suis complètement flippé parce qu’on va acheter. Moi, j’avais regardé un compromis, mais je n’avais jamais utilisé ça.

Thierry : Je ne savais même pas comment le remplir. À la lueur d’une lampe de poche sur le bar, on a commencé à remplir le truc. Et puis, je suis arrivé au bout et j’ai vu qu’il fallait donner 10% du montant pour acheter le bien. A l’époque, 120.000 francs belges. Le bien, il fallait, c’était 120.000 francs belges. Donc il fallait 12 000 francs belges de l’époque. Je me souviendrai toute ma vie. J’étais rue Haute parce que je lui ai dit : Voilà, vous devez payer.

Thierry : Mais pas de problème. Venez chez nous. J’étais rue Haute. Je suis monté dans un appartement sans ascenseur. Le type a ouvert une boîte en fer et m’a donné l’argent. Je suis rentré à l’agence immobilière. Je l’ai dit, voilà, c’est fait. Ils m’ont regardé comme si j’étais un extraterrestre. Ils m’ont dit. Voilà, tu pars en Espagne vendre des appartements à Calp, donc je partais avec un petit groupe en Espagne pour aller vendre des villas à Calp. Donc, voilà ça c’était avant l’épisode des guides.

Elise : Des guides, ok. Très bien. Mais qu’est ce qui fait que tu arrives à lancer dans toutes ces choses là? Parce que tu parles. Au départ, c’est quand même trouver des combines pour réussir à faire du ski gratuitement. C’est quand même le leitmotiv.

Thierry : Ça, c’est le départ. Alors, vous allez voir que tout ça s’enchaîne de façon assez amusante. Comme je fais un guide du tout terrain, je rencontre Thierry Sabine, qui est l’inventeur du Paris-Dakar, et Thierry Sabine, cherche des bureaux à Bruxelles, donc, je lui dis Écoute, viens chez moi, il arrive chez moi. Et du coup, dans les teams, il y avait un team belge de moto qui était le team gauloise Ziama. Il m’a dit, Est ce que tu pourrais éventuellement t’occuper de la promotion de ce team?

Thierry : Moi, je n’ai jamais fait de promotion des ventes ou de communication promotionnelle de ma vie. Donc, je me suis occupé de ça. De fil en aiguille, Yamaha m’a demandé de faire des choses. Et puis Total, qui était un sponsor, m’a demandé de faire des choses.

Elise : Oui, tout s’est enchaîné comme ça par contacts.

Thierry : Tout s’est enchainé puis j’ai créé une boîte de com et je me suis dit pour aller très vite, beaucoup plus fort et beaucoup plus haut. Je veux aller voir le pape de la com en Belgique qui était Eddie Garbaski. Dont j’écoutais d’ailleurs sa fille Tania en venant ici à la radio sur une chaîne concurrente et j’ai dit à Eddie Voilà, je veux faire une boîte de promotion des ventes et je veux être associé avec toi parce que je vais traiter en promotion tous les clients que tu traites toi en pub. Et puis, c’est comme ça que ça a commencé comme ça, que ma carrière dans la communication a débuté.

Elise : Dans la pub aussi?

Thierry : Après, alors bon, il y a eu toute une série de sociétés diverses et variées, avec des énormes réussites et ledess énormes échecs. Parce que je crois que la vie d’un entrepreneur, c’est aussi ça.

Elise : Bien sûr.

Thierry: Dont la dernière qui a été un énorme succès et puis un énorme échec qui s’appelait Polygone, qui est une société qu’on a créée en 2006 à 22 personnes. On était près de 300 quatre ans plus tard, en 2010, sur l’entrée en Bourse.

Thierry : Et puis, je vous passe les détails, mais il se fait que des acquisitions françaises qu’on avait faites à l’époque se sont révélées être un désastre. Et la boite est tombée en 2012. Je l’ai quitté avant parce que bon, moi, mon apport, c’est d’amener des concepts et de créer des concepts innovants avec lesquels il a bien grandi.

Elise : Et de quitter le navire quand il faut?

Thierry : Non absolument pas, justement pas parce que s’il y en a bien un, et le seul de tous les administrateurs, de tous les actionnaires qui a encaissé en termes financiers, c’est moi. Je suis le seul à avoir pris mes responsabilités en tant que caution solidaire et indivisible et je peux vous dire que ça fait très, très mal et ça coûte très, très cher.

Thierry : Je n’ai pas de problème à perdre le fruit de ce qu’a fait un entrepreneur parce que ça fait partie des risques d’un entrepreneur. À partir du moment où on est le seul à assumer une caution solidaire et indivisible, là, j’ai un peu plus de mal, mais c’est un autre débat et un autre problème.

Thierry : Mais preuve en est que des échecs, même si ils sont grands, peuvent aider à rebondir. Et voilà, ce que j’ai fait après en est peut-être un début de preuve.

Elise : Alors justement, on a parlé de la publicité et de ta carrière, mais tu n’as jamais vraiment quitté le sport. Tu as créé beaucoup d’événements comme les circuits des Grands Prix Formule 40 à la voile, l’étape belge, la course de l’Europe à la voile, le Championnat du monde de funboard, aussi un film de ski aux Etats-Unis qui a reçu un Grand Prix.

Elise : Finalement, est ce que c’est une volonté de ne jamais rentrer dans les cases, de pouvoir multiplier le food, e-commerce, publicité, sport? Comment est ce que ça se passe? Ou c’est très instinctif.

Elise : D’abord, je suis terriblement inquiet parce que connais quasi mieux ma vie que moi. Non, mais c’est tout un concours de circonstances. Alors je vais vous raconter l’épisode des bateaux parce que c’est aussi un truc qui est juste incroyable.

Thierry : Donc, à l’époque, je fais de la communication et j’ai comme clients Richemond. Et il y a le succès du Côte d’Or qui sponsorise un bateau et Richemond me dit voilà, on voudrait sponsoriser un voilier Formule1. Mais il nous faut un co-sponsor parce qu’on a 30 millions de francs belges à l’époque et il en fallait 60.

Thierry : Donc, je leur dis écoutez, trouver un co-sponsor. avec , vous êtes gentils. Mais moi, je me sens vraiment pas capable. Par contre, il y a une nouvelle discipline qui se lance et qui s’appelle les formules 40. 40 pour 40 pieds, c’est à dire des catamarans qu’on peut replier si je puis dire, et mettre dans des containers pour les amener en course. Et là, je pense qu’il y a vraiment un truc à faire.

Thierry : Et du coup, il fallait absolument une manche belge puisque Richemond était une marque de cigarettes belges. Donc, j’ai été à la Fédération française de voile qui gérait l’ensemble du système. Voilà, je veux organiser le Grand Prix de Belgique. Je n’ai jamais fait de voile de ma vie. Je n’avais jamais, vu un bateau, peut être bien, mais jamais organisé une course de voile. Et donc, ça s’est enchaîné. On a fait après ça le Grand Prix de Genève sur le lac de Genève.

Thierry : On a fait le Grand Prix de Barcelone et on avait tout le circuit de Formule 40 sur lequel on avait deux semi-remorques, qui trimballait tout le village VIP. Donc, tout ça, c’est des accidents, mais qui qui font que ça devient d’un tout petit truc. On arrive à un truc qui est quand même assez assez énorme.

Elise : Quel est le fil directeur de tous ces accidents si on peut en trouver un?

Thierry : Mais c’est d’abord la passion d’entreprendre. Moi, quand je suis dans un projet. J’y suis à cent dix pour cent. C’est corps et âme, matin et soir, jamais rien lâché. Je crois que c’est vraiment le leitmotiv pour un entrepreneur. Une fois qu’on a une idée et qu’on est certain de son idée, d’abord, c’est de ne surtout pas en dévier et d’arriver au bout. Parce que bon, avoir une idée, c’est 5%. La mettre en place et arriver à la ligne d’arrivée, c’est nonante cinq pour cent.

Thierry : Alors, les idées, tout le monde en a. Le problème, c’est d’arriver au bout.

Elise : Sur ton site, justement, il est écrit. Après ça, je vais peut-être te l’apprendre aussi, je ne sais pas. Theirry Goor est un booster de marque. Tu es un booster. C’est quoi, un booster?

Thierry : Mais, il y a un jour où j’étais à Montréal, à une conférence qui s’appelle C2 Creativity and Commerce Montréal, qui est une extraordinaire conférence qui est menée par Sid Lee, qui est la plus belle agence de pub au monde, d’après moi. Associée avec le Cirque du Soleil et qui fait venir des gens passionnants comme Richard Branson, Philippe Starck, Diane von Furstenberg et des gens comme ça. Et un Canadien qui m’a dit en fait, tu un allumeurs d’étoiles? Je pense que c’est vrai que je réveille avec les gens qui bossent avec moi parce que c’est toujours un travail d’équipe.

Thierry : Je vais chercher vraiment ce qu’ils ont de plus profond et parfois de plus insoupçonné chez eux. Au Wolf, il y a un gars qui est préposé aux débarassage, qui a eu une idée pour faire un chariot de débarassage assez révolutionnaire. On va le fabriquer. Donc moi, j’adore d’avoir des gens qu’on sort des cases et qu’on met autre part parce que je pense qu’il y a rien de pire dans une vie que de rester justement dans les cases, dans les cases.

Elise : Tout à fait, à l’image de ton parcours d’ailleurs.

Thierry : Exactement, oui.

Elise : Alors justement, le Wolf. Aujourd’hui, on parle beaucoup de ton dernier projet, le Wolf. Le premier food Market bruxellois qui t’occupe déjà depuis de longs mois, si pas de longues années.

Thierry : De longues années, oui.

Elise : Voilà, est-ce que tu peux nous parler de socen dernier bébé.

Thierry : Alors, le dernier bébé, c’est un gros bébé d’abord. Il a été rendu possible par le fait qu’il y ait des actionnaires qui ont suivi le projet. Parce que bon, c’est quand même un pari énorme. C’est des gros gros investissements. Paul et Michel Alderman qui ont suivi le projet avec Pascal Hamam, du groupe Choux de Bruxelles, bien connu de la place parce que moi, je viens absolument pas de l’horeca. Donc il fallait vraiment des gens qui soient spécialisés dans le domaine pour pouvoir suivre tout ça.

Thierry : Et bon je pense que c’est vraiment quelque chose qui manquait à Bruxelles. On le voit dans toutes les capitales du monde. 400.000 mètres carrés de food market qui sont construits en Europe en 2019. Juste impensable que Bruxelles n’ait pas son foodmarket. Et c’est sûr que la localisation près de la Grand-Place, près de la gare centrale, près de la rue Neuve, et la majestueusité du lieu, ont pu rendre possible quelque chose qui, combinée à la qualité de ce qu’on lui trouvait en terme de nourriture, fait que je pense que les Bruxellois répondent à l’appel et les touristes aussi.

Thierry : Et que ça va peut être être un succès. Pas de panique, on est juste au début.

Elise : C’est ça. On peut peut-être rappeler la date d’ouverture.

Thierry : 14 décembre. On a fait plus de 120.000 personnes en un mois de temps. Donc, c’est quand même assez impressionnant. Le premier impressionné, c’est nous pour être très clair, avec tout ce que ça implique comme problématique au niveau du bar et autres, parce que c’est sûr que on a eu des critiques et c’est légitime et c’est logique.

Thierry : Mais d’un seul coup, d’un seul, on se retrouve la première affaire Horeca de Belgique avec 4000 personnes en moyenne tous les jours.

Elise : Combien de personnes travaillent sur les sites?

Thierry : A peu près à peu près 140. Parce que bon, des jours comme un lundi, je voyais Cédric, le jeune cook&book qui était là hier et qui était lundi soir. Qu’est ce que vous avez comme monde lundi? Tu rigoles ou quoi? Lundi y a personne. Mais c’est sûr que chez nous, quand il y a 500 personnes, il n’y a personne puisqu’il y a près de 800 places assises, donc.

Thierry : Mais voilà. Mais 500 personnes un lundi soir à Bruxelles, il n’y a pas 36 endroits qui font ça. Donc nous, c’est le jour le plus faible, entre guillemets. Mais en attendant, ça reste correct. Maintenant de nouveau, pas de panique, il ne faut pas s’emballer trop vite. Il faut qu’on tienne sur la longueur. Bon, le gros avantage, c’est que l’on a démarré très fort. On est obligé de resserrer toute une série de boulons.

Thierry : Et là, par exemple, l’app de commande a été mise en place hier donc depuis hier on peut commencer, on peut commander avec l’appui d’une application. Du coup, on gagne un temps fou. Le delivery va être mis en place dans les tout prochains jours. Donc, tout est en train de se mettre en place. Le marché bio a ouvert samedi passé, la microbrasserie va commencer à tourner à partir du 20 janvier. Voilà la vitesse de croisière va tout doucement être atteint.

Elise : Est ce que ça a été un challenge de donner envie à 17 restaurateurs de suivre l’aventure, d’y participer?

Thierry : Alors oui et non. Oui, parce que ça a pris du temps. Il y a une série de gens qui ont signé, ne voyant pas venir les choses parce que les permis, je vous passe les détails. Ils ne sont venus, enfin, ils n’ont pas continué dans l’aventure. C’est probablement les premiers à se mordre les doigts aujourd’hui. Mais voilà, c’est la vie.

Thierry : Alors, le modèle économique qu’on a qui casse aussi tous les codes puisque il n’y a pas de loyé mais un pourcentage du chiffre d’affaires. Donc, on est obligé que ça fonctionne. Si ça ne fonctionne pas pour eux, ça ne fonctionne pas pour nous.

Elise : C’est ça.

Thierry : Et donc, ce modèle économique là fait aussi que c’est très attractif pour les restaurateurs. Il y a 40 restaurants à peu près qui sont sur la liste d’attente et on reçoit des demandes tous les deux jours.

Thierry : On a des demandes de France, de l’étranger, de partout. C’est la preuve qu’il y a quelque chose qui se passe. Ça, c’est sûr et certain. Il faut le gérer. Il ne faut pas lasser, il faut. C’est une formule1 qu’il faut bien huilée et où il faut serrer les boulons constamment.

Elise : C’est ça, et bien très bien. Et bien écoute, merci pour cette première partie. Je vais maintenant laisser la parole à Tarik, qui nous écoute depuis tout à l’heure. Merci.

Thierry : Merci.

Tarik : Thierry, merci d’être là. C’est un plaisir de t’avoir, toi qui a lancé autant de business. Est ce que tu peux nous donner un petit peu les critères qui font que tu décides justement de te lancer à 100% cent dans l’un et pas l’autre? Sachant que tu en as peut être lancé 30.

Thierry : Alors je vais vous raconter une anecdote pour vous expliquer comment j’ai connu Tarik à l’époque.

Tarik : Je suis dans un restaurant à midi. J’avais un site d’e-commerce de meubles design et j’entends la table d’à côté, c’est à dire Tarik et son associé qui sont en train de parler d’achat de meubles chez Ikéa. Et là, je plonge sur lui, je lui dis non attends, vous n’allez pas aller acheter chez Ikéa? Voici ma carte, allez voir ce site, etc. Et hop! Et j’ai vendu à Tarik et son associé dans le cadre de de Smart Flat à l’époque, une série de meubles.

Thierry : Ca c’est pour la petite histoire, c’est chaque fois des rencontres et des opportunités. Du coup, j’ai oublié la question.

Tarik : La question, c’est qu’est ce qui te décide de faire choisir un projet ou l’autre? Mais l’exemple que tu donnes, je le raconterai aussi, c’est finalement une des compétences essentielles, peut importe ce que tu lances, c’est la capacité à vendre. Vendre, c’est créé du lien parce que je crois que c’est finalement ce qu’on fait. Je crois que c’est la seule personne qui m’a vendu un truc dans un lunch comme ça au moment du café.

Tarik : Mais au delà de ça, on a surtout créé une relation. Qu’est ce qui est le plus important pour toi, être un vendeur ou créer des relations.

Thierry : Ah non, certainement pas d’un vendeur. D’ailleurs, dans le choix des restaurants, je dis toujours d’abord que le choix, c’est la qualité des restaurateurs, mais c’est aussi le fait que je pourrais partir en week end avec eux. Moi, j’ai passé l’âge à m’emmerder des gens qui viennent. Donc, c’est effectivement ça les rencontres.

Thierry : Je crois que la vie, ce n’est que ça. Donc voilà, moi, ce qui me drive, c’est la passion pour faire quelque chose d’innovant où je vais apprendre des choses. Je vais rencontrer des gens. Je crois que ça, c’est vraiment le guide. C’est jamais l’argent, Parce que l’argent. Si on fait un business pour gagner de l’argent, il vaut mieux arrêter tout de suite et faire autre chose. C’est comme un joueur de tennis ou un joueur de foot qui joue d’abord au foot.

Thierry : Et puis s’il joue bien, tant mieux il va gagner de l’argent, mais c’est jamais lié. Jamais, jamais, en fait.

Tarik : Moi, je dis toujours il y a deux types de personnes qui font du business. Ceux qui le font pour l’argent, ils sont super focus et ils sont contents de vendre. Je ne sais pas, moi, des frites toute la journée parce qu’ils s’enrichissent et qu’ils ont une grande caravane. Et puis un grand château. Et puis, tu as ceux qui sont passionnés, qui veulent faire plein d’autres business, moi et moi, je pense qu’il faut juste savoir dans quel case on se situe, parce qu’il y a besoin de gens qui font la même chose tout le temps pendant 30 ans.

Tarik : Et il y a besoin de gens qui changent jusqu’à tout comme un Elon Musl. Mais en tout cas, ce que ça montre dans ton parcours, c’est que on peut faire une belle et riche carrière en étant prêté par la passion.

Thierry : C’est évident. Je ne vais pas dire que je n’ai jamais travaillé de ma vie parce qu’il y a quand même des côtés qui sont parfois très contraignants et tout mais entre guillemets. Je n’ai jamais, à partir du moment où on se lève tous les matins en disant Yes, youpi, je vais faire ça, je vais rencontrer des gens et tout ça, c’est prodigieux.

Thierry : Un exemple tout à fait idiot. Je vois après ce rendez vous ci une personne qui installe des presses à carton pour qu’on presse les cartons. Dieu sait si chez nous c’est un vrai problème pour ensuite les reconditionné et en faire des meubles, c’est juste génial. Moi, j’ai envie de savoir comment ça fonctionne. Machin tout et en plus, il rachète le carton. Donc en plus, ça va gagner des sous. Et ça nous enlève un problème. Ça, je trouve que c’est les solutions qui sont juste magiques.

Thierry : Et rien que pour ça, ça fait du bien de se lever le matin.

Tarik : Tout à fait. Tu as dit tout à l’heure il ne faut jamais rien lâcher, il faut aller jusqu’au bout. Je suis complètement d’accord. On ne crée rien sans des années de douleur, mais on peut avoir un coup de chance comme on peut gagner au loto. Mais. Il reste qu’il y a quand même des moments où il faut savoir arrêter et pour toi, quand est ce que un grand projet est terminé?

Thierry : Mais là, je vais dire, le projet du Wolf. Là, le bébé. Maintenant, il est entrain d’être bercé. Dès qu’il sera bercé et qu’il marchera tout seul. Moi, je n’ai plus beaucoup d’utilité. Moi, je ne suis pas un gestionnaire moi. Pas du tout, du tout, du tout. J’ai pas compté les assurances. Ca m’emmerde. C’est pas moi. J’ai la chance d’être excessivement bien entouré dans ce projet, par exemple par Alexis Malherbe, qui est le CEO du projet et qui s’occupe de l’opérationnel.

Thierry : Et donc ça, je crois que c’est la plus grande qualité. C’est de savoir s’entourer par des gens qui seront meilleurs que soi pour certaines tâches. Moi, ce n’est pas la gestion, ça, c’est clair et net.

Tarik : Mais je veux vraiment creuser ça. Parce que finalement, pour des gens qui lancent un premier business, il y a des gens qui nous écoutent et qui vont lancer leur première affaire. On pense toujours que l’idée, les gens vont tomber amoureux en direct.

Tarik : Moi,si je suis amoureux de mon idée, je vais trouver des clients direct. Bah, c’est normal d’avoir cette idée là. Et puis, quand on ouvre un business, il faut s’attendre à savoir, ne pas se payer pendant longtemps. Pendant 2 ans et demi, on ne s’est pas payé un bal et tu dois habituer. Tu dois savoir si tu ne le sais pas, que tu vas perdre de l’argent pendant 1 à 2 ans.

Thierry : C’est clair et net.

Tarik : Mais je pense que, je suis persuadé que, la majorité des gens qui se lancent pensent que c’est la règle et que eux sont l’exception, que pour des raisons X et Y, eux, ne vont pas perdre de l’argent et du coup, t’as fait de la pub. Ils se disent aussi on ne va d’ailleurs pas dépenser, on va être économe. Et puis ça se passe souvent très mal. Mais donc quand tu es dans un business normal, ça veut dire qu’il perd de l’argent au début. Qui fait son cash burn, dans le langage startup, à partir de quel moment est ce qu’on peut se dire il faut arrêter les pertes? Je ne te parle pas de finance, je te parle de dire le concept il n’a pas pris quoi.

Thierry : Moi, je pense qu’il y a des gens qui sont excessivement intelligents pour ça. J’oublie le nom de la fabuleuse startup qui faisait des cuisines à domicile, qui vendait. J’oublie le nom.

Tarik : Menu Next Door qui est venue dans ce podcast d’ailleurs.

Thierry : Nicolas est un mec absolument génial. Il a levé beaucoup de sous. Il aurait pu se dire je continue, je continue et il a l’extrême lucidité de se dire OK, j’arrête. C’est juste fabuleux. Dans un autre domaine. Ils ont été quelque part forcé, mais Take It Easy, c’est un peu le même système.

Thierry : Mais quand on voit comment ils rebondissent avec Cowboy, c’est bien la preuve qu’on peut avoir des échecs. Et cette culture entre guillemets anglo saxonne de l’échec qui fait qu’on apprend plutôt qul’on a un échec et donc on rebondit beaucoup mieux derrière. Mais elle commence entre guillemets à se voir en Belgique et c’est pas plus mal. Parce que je vous dis moi, la faillite de Polygone, j’ai fait la une de tous les journaux. Il faut quand même pas oublier ce genre de détail

Thierry : Indépendamment, je vous dis que ça m’a coûté des millions. Je dis bien des millions. Mais voilà, ça, ça fait partie du parcours. Ça fait partie de la vie. Je ne vais pas dire que c’est anecdotique, mais quelque part, j’ai envie de dire oui. C’est anecdotique parce qu’il y a d’autres choses derrière. Mais c’est sûr qu’un gars qui lance son business, il va en baver. Mais alors de chez en baver. Moi, je vais dire, le Wolf par exemple, pendant 2 ans, tous les jours, j’étais au Wolf. Il y avait rien, c’était vide.

Thierry : J’étais tous les jours pour surveiller les travaux, les trucs machins, tout, parce que c’est comme ça. Si on veut que ce soit exactement dans l’esprit de ce qu’on a imaginé, il faut rien lâcher. Il faut se dire que ça va être très, très dur, mais que la récompense au bout elle est juste exceptionnel si ça fonctionne, parce qu’il faut encore que ça fonctionne. Il faut savoir que dans le cas, juste un petit détail, sur 10 nouveaux business Horeca, il y en a un qui fonctionne.

Thierry : Sur 10 projets qui fonctionnent, il y en a un qui est rentable. On parle de un projet sur 100. Donc on a vraiment intérêt à être différenciants, à bien calculer son coût et à savoir.

Tarik : C’est un métier exceptionnellement dur, risqué.

Thierry : Alors, je vais juste raconter une anecdote sur l’Horeca. Bon, on était à peu près deux cent septante à peu près dans le groupe Polygone. Quand j’ai terminé ça, j’ai fait un concept qui s’appelait le Yougourt Farm, qui était rue du Bailli qui étaient ledess yogourts salé, sucré. Il y avait cinq personnes, donc je passais partout. Le truc, le machin, la caisse parce que un business il faut comprendre comment ça fonctionne.

Tarik : Si on ne sait pas comment ça marche, ça ne sert à rien. C’était plus compliqué de gérer 5 personnes dans l’Horeca que dans un autre secteur complètement différent 10 fois plus, ou 100 fois plus. Donc voilà. Chaque secteur a ses spécificités, mais ce n’est pas simple. Voilà, il faut le savoir. Quoi? Quelques business qu’on fasse, ce n’est pas simple, il faut s’accrocher.

Tarik : Aujourd’hui, on est en 2020. Pour toi, qu’est ce qui a radicalement changé pour faciliter le lancement d’un business? Qu’est ce qui est plus facile aujourd’hui?

Thierry : Alors moi, je dirais qu’on est vraiment à une bascule. Ce qui est très amusant, c’est que les gens de ma génération, puisque je ne suis plus un perdreau de l’année, n’ont pas tous compris ça. Et ça, c’est dramatique parce qu’il y a encore des tas de business model. Moi, j’ai ouvert un compte chez Belfius et une semaine avant chez Revolut.

Thierry : On est pas dans le même monde. Il y a un truc où on doit remplir 36 papiers et 14 personnes. On se demande quelle est la couleur de votre slip, de votre brosse à dents et tout le reste. Et Revolute En 3 minutes, c’est fait et c’est parti. C’est ça le changement de paradigme. Il y a des tas de gens qui ne comprennent pas ce changement de paradigme. Et cela, ils vont droit dans le mur. Il y en a, je pense beaucoup plus qu’on ne le croit.

Thierry : Et donc, ça ouvre aussi le champ de tous les possibles à des entrepreneurs. Parce qu’avec le digital, on peut faire beaucoup de choses et donc ça, je pense que c’est fondamental, différenciants de ce qui se passait il y a 5 ou 10 ans.

Tarik : Alors moi, je dis souvent, je reste persuadé que la technologie, j’adore la technologie. C’est même devenu mon métier, finalement. Mais la psychologie humaine n’a pas changé. On peut dire ce qu’on veut. Qu’on n’a plus de patience qu’on est comme ceci, comme cela. Fondamentalement, je pense que on achète ce qui nous donne envie, ce qui nous fait croire qu’on est… Les fondamentaux de l’humain n’ont pas tellement tellement changé. Et qu’est ce que tu penses que peut être on oublie comme comme compétences ou comme valeur ou comme fondamentaux?

Thierry : Je trouve qu’il y a un mot qui ne revient pas assez, c’est la bienveillance. Je pense que c’est vraiment quelque chose d’essentiel aujourd’hui, dans un monde qui est quand même déshumanisé et qui est quand même complètement dingue. Quand on voit ce qui se passe avec certains leaders mondiaux dans certains pays, on se pose quand même des questions. Je vais dire tout l’aspect climatique, ce n’est pas une plaisanterie, mais il y en a qui considèrent toujours que c’est une plaisanterie.

Thierry : Donc, je pense que la bienveillance est vraiment un mot clé dans tout ce qui va se passer dans les années à venir. Et c’est vrai que le digital n’est jamais qu’un outil pour aider à mettre en place et faciliter la mise en place d’idées innovantes.

Tarik : Je vais peut-être conclure là dessus sur cette idée de bienveillance, il y a une citation anglophone qui dit Soyez sympa avec les gens parce que les gens que vous rencontrez en montant, vous allez les retrouver en descendant.

Tarik : Je pense que le fait de t’avoir ici, c’est dire une carrière de business, c’est long et donc on a une tendance à être court termiste. Je vais faire une bonne affaire sur les meubles avec Thierry ou vice versa, alors que les vraies bonnes affaires, finalement, elles se font dans la longueur. Donc voilà.

Thierry : C’est sur. C’est sur que la longueur importante.

Tarik : Merci Thierry.

Thierry : Merci.

Elise : On a quelques petites questions pour toi. L’objectif est simple: répondre assez instinctivement et ne pas trop réfléchir en un ou deux mots.

Thierry : Je ne réfléchis jamais.

Elise :Très bien. Un conseil qu’on t’a donné et que tu aurais dû suivre.

Thierry : Etre moins rapide.

Tarik : Le cliché qu’il faut oublier à jamais sur la vie des entrepreneurs.

Thierry : C’est facile.

Elise : Une mauvaise habitude dont tu aimerais te débarrasser.

Thierry : Etre plus posé.

Tarik : Le livre que tu aurais rêvé d’écrire?

Thierry : J’en écrirai un bientôt. L’affaire Harry Quebert.

Elise : Alors, c’est la fin de ce podcast. Merci pour votre écoute. On espère vous avoir inspiré. Merci Thierry. Merci Tarik. N’hésitez pas à commenter et à nous donner votre avis. On se retrouve très vite pour un prochain épisode. Merci.

Tous : Merci.

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Tarik Hennen